Les Européens aussi ont domestiqué le chien

02 06 2016
» génétique,  photoreportage

Les échantillons doivent etre protégés de toute contamination d'ADN moderne pour ne pas fausser les résultats. Ils sont donc traités en milieu confiné. Ici, vue extérieure du système de filtration et de contrôle d'air de la Plateforme Nationale de Paléogénétique PALGENE (CNRS - ENS de Lyon).

De nouveaux travaux, réalisés par des chercheurs britanniques et français, montrent que la domestication du chien a eu lieu au moins deux fois, indépendamment l’une de l’autre : en Europe il y a 15.000 ans et en Asie il y a 12.500 ans.

Cette découverte, publiée dans la revue Science du 3 juin, réconcilie les résultats des études génétiques et les travaux des archéologues. « Les études génétiques montrent que les chiens européens actuels sont originaires d’Aise », explique Catherine Hänni, paléo-généticienne à Lyon (PALGENE, CNRS/ENS de Lyon), qui a participé à ces travaux. « Cependant dans des gisements datant du début de la domestication du chien, les archéologues trouvent en Europe des os de chiens ». D’où l’idée d’une domestication en plusieurs points de la planète. Pour cette nouvelle étude, archéologues et paléo-généticiens ont travaillé sur des échantillons d’os fossiles provenant de différents sites archéologiques en Europe et au Moyen-Orient.

« Nous constatons que le chien a bien été domestiqué en Europe il y a 15.000 ans, mais ensuite ce sont les chiens venus de l’Est, de l’Asie, peut-être avec les migrations humaines, qui ont pris le dessus génétiquement » précise Catherine Hänni. Son équipe de paléogénomique de Lyon a extrait l’ADN d’ossements fossiles afin de pouvoir l’analyser ce matériau génétique ancien (voir le reportage photo sur cette technique de paléogénomique).

Cécile Dumas

Photos © Vincent Moncorgé / LookatSciences

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