Bataille pour une seconde en plus… ou en trop ?

L’année 2017 a commencé avec une seconde de plus, une seconde dite intercalaire, ajoutée au temps légal, le temps universel coordonné (UTC). Le but : que le temps défini par les horloges atomiques reste couplé à la vitesse de la rotation de la Terre. Mais ce système est remis en question.

L’ajout de ces secondes – il y en a eu 27 depuis 1976 – est décidé par le Service de la rotation de la Terre situé à l’Observatoire de Paris, au sein du laboratoire SYRTE (Systèmes de Référence Temps-Espace). Pour nos montres, réveils et horloges de salon, cette seconde de plus passe inaperçue. Dans la salle d’exploitation du temps du SYRTE, au contraire, l’ajout de la seconde intercalaire se prépare à l’avance. C’est là en effet qu’est établie la référence du temps légal français, de là que partent les « top » de l’Horloge parlante ou le signal nécessaire à la synchronisation des serveurs informatiques via Internet.

Pourquoi ajouter des secondes intercalaires ? Parce que la vitesse de rotation de la Terre n’est pas aussi stable que les horloges atomiques qui servent officiellement à définir la seconde (voire notre reportage sur la définition du temps). Pour éviter une trop grande dérive, il a été décidé de faire varier le temps UTC d’une seconde chaque fois que l’écart risque de dépasser 0,9 seconde. Une seconde intercalaire est donc ajoutée à intervalles irréguliers en fonction des variations de la rotation de la Terre.

Pour éviter de perturber les systèmes de télécommunications ou de navigation, la suppression de la seconde intercalaire a été demandée plusieurs fois lors des assemblées de l’Union Internationale des Télécommunications. Faute de consensus entre les pays membres, le débat est pour l’instant repoussé à 2023.

Cécile Dumas

Photos © Patrice Latron / LookatSciences

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