Huîtres : les super sentinelles de la mer

24 11 2010
» environnement,  photoreportage

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Des électrodes fixées directement sur des huîtres, reliées à des émetteurs, le tout fixé à plusieurs mètres de profondeur, dans le bassin d’Arcachon et bientôt à son entrée : voilà le dispositif mis au point par l’équipe de Jean-Charles Massabuau, directeur de recherche à la station marine d’Arcachon de l’Université de Bordeaux 1 et biologiste marin au CNRS.

Un dispositif simple et terriblement efficace qui fait entrer ces bivalves directement au statut de “super sentinelles” de l’environnement : toutes les 0,1 secondes, des mesures sur la qualité de l’eau sont collectées pour être envoyées au laboratoire de Jean-Charles Massabuau et mises en ligne une fois par jour sur un site internet (1). Ce qui fait près d’un million de mesures par jours, 24h/24, 7j/7. Des mesures indirectes puisque c’est la physiologie de l’animal qui est enregistrée via ces électrodes, qui elle, est directement liée à la qualité de l’eau.

Plusieurs types de pollutions sont ainsi détectables. Les hydrocarbures tout d’abord : à l’heure de la catastrophe pétrolière de Deep water, dans le Golfe du Mexique, Jean-Charles Massabuau précise que ces huîtres bénitiers sont capables de détecter de petites nappes de pétrole et de donner une alerte précoce. Pollution par des algues microscopiques également : la mortalité des huîtres creuses et autres plates d’Arcachon sur les côtes françaises est un souci permanent. Là aussi, le dispositif est capable de suivre en n’importe quel point de la côte le devenir d’huîtres. Et ainsi de prévenir rapidement les ostréiculteurs de la présence de maladies dans la zone.

“Avant ce dispositif, mettre en place une surveillance intégrée et en temps réel de la qualité de l’eau était délicate et coûteuse”, précise Jean-Charles Massabuau. Aujourd’hui son projet fonctionne et commence à intéresser les autorités. Pour la première fois au monde, ces huîtres vont être ainsi installées pour surveiller la qualité de l’eau dans un port, à Santander en Espagne. Le but est de faire la démonstration au niveau européen des possibilités d’application en zone portuaire.

(1) Le site s’appelle l’Œil du Mollusque. Une partie est publique, une autre est professionnelle. www.domino.u-bordeaux.fr/molluscan_eye

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